L’hiver approche, et pour de nombreux Français, la facture d’énergie devient de plus en plus difficile à assumer. Selon le baromètre annuel du médiateur national de l’énergie publié ce 8 octobre, plus d’un foyer sur trois (36 %) affirme avoir eu du mal à régler ses factures de gaz ou d’électricité au cours des douze derniers mois. Un niveau jamais atteint depuis la création de cette étude, et qui reflète une détérioration continue de la situation depuis 2020.
En quatre ans, la part des ménages concernés par ces difficultés a doublé, passant de 18 % à 36 %. Cette hausse coïncide avec une flambée des prix de l’énergie et une pression croissante sur le budget des ménages, notamment ceux aux revenus modestes.
Trois foyers sur quatre réduisent leur chauffage
La précarité énergétique ne se limite pas aux factures impayées. Dans près de trois quarts des foyers français (74 %), le chauffage est aujourd’hui utilisé avec parcimonie pour des raisons purement financières. Ce chiffre reste très proche du pic observé en 2023 (79 %), ce qui montre que la baisse des températures hivernales risque encore d’aggraver la situation dans les semaines à venir.
Pour une majorité de ménages, la restriction du chauffage est désormais une habitude hivernale. Entre crainte de factures trop élevées et difficultés de trésorerie, la question du confort thermique est reléguée au second plan dans de nombreux foyers.
Le chèque énergie 2025 arrive trop tard pour certains
Alors que le chèque énergie constitue un soutien essentiel pour 3,8 millions de foyers, son versement exceptionnellement tardif cette année a pesé lourd. Prévu habituellement au printemps, il ne sera distribué qu’en novembre, en raison du retard dans l’adoption du budget 2025.
Ce décalage a eu des conséquences concrètes. Selon le baromètre, 61 % des bénéficiaires du chèque énergie jugent que ce retard a compliqué leur situation, et 35 % déclarent avoir connu des difficultés de paiement. Pire encore, un foyer aidé sur dix a subi une coupure ou une réduction de sa fourniture d’énergie.
Le médiateur de l’énergie appelle à une réforme des coupures
Face à cette précarité croissante, le médiateur national de l’énergie, Olivier Challan Belval, appelle une nouvelle fois à l’interdiction des coupures d’électricité pour impayés. À l’approche de la trêve hivernale, il plaide pour un droit minimal à l’électricité, qui passerait par une réduction de puissance plutôt qu’une coupure totale.
« L’électricité est un bien de première nécessité », rappelle-t-il. Dans les foyers les plus vulnérables, être privé de courant peut rapidement mettre en danger la santé ou la sécurité, notamment en période de froid.
Une précarité énergétique en hausse continue
L’étude, réalisée auprès de 2 000 foyers métropolitains entre le 10 et le 17 septembre, met en lumière une réalité alarmante : la précarité énergétique s’installe durablement dans le quotidien de millions de Français. Dans un contexte où les prix de l’énergie restent élevés et où l’inflation continue de rogner le pouvoir d’achat, cette situation pourrait encore se détériorer cet hiver.
